
Signaturit Group est un tiers de confiance, premier fournisseur européen de solutions technologiques à valeur probante. Son VP Enterprise France, Pierre-Antoine Carli, fait le point sur les risques liés notamment à la fraude à l’identité lors de la mise en relation avec l’assuré, et les leviers pour renforcer la fiabilité des contrôles tout en préservant l’expérience utilisateur.
INNOVATION ASSURANCE : Comment se structure l’offre technologique de Signaturit Group ?
Pierre-Antoine Carli : Autour de 4 briques, d’abord l’identification à distance, puis la collecte de documents et leur contrôle et catégorisation, ensuite la signature électronique bien sûr, et finalement l’archivage à valeur probante.
Ce qui nous caractérise sur le marché est donc en particulier la profondeur fonctionnelle : nous pouvons réaliser des contrôles croisés entre les 4 briques, et couvrons l’ensemble de la chaîne de la confiance numérique, avec également la capacité de se connecter à des bases externes, comme celles de l’Insee ou d’Infogreffe, entre autres.
Quelle est l’ampleur de la fraude à l’identité aujourd’hui ? La capacité à la détecter va t-elle plus vite que la montée en puissance des fraudeurs ?
La fraude à l’identité est le troisième délit le plus important en Europe, en hausse de 20% entre 2021 et 2023, et plus largement les délits physiques s’amenuisent au profit des délits digitaux. De plus, les réseaux de fraudeurs sont plus organisés, plus matures, et le coût d’accès à la fraude, si j’ose dire, est relativement faible. Mais les outils de lutte contre la fraude s’améliorent également, qu’il s’agisse du face matching avec l’analyse des flux sanguins sur une vidéo pour s’assurer qu’il ne s’agit pas d’un deep fake par exemple, ou encore la traque IP, la vérification documentaire, la vérification à partir du numéro de téléphone, etc. J’aurai l’occasion de détailler ceci plus avant lors de mon intervention le 29 janvier dans le cadre d’INNOVATION ASSURANCE 2026.
Les leviers anti-fraude ne risquent-ils pas de complexifier à l’extrême les parcours clients ?
Il y a un juste équilibre à trouver entre la lutte contre la fraude et l’expérience client effectivement. La question à se poser est la suivante : quel est le niveau de risque à couvrir par rapport à la bonne solution anti-fraude. Sur la signature électronique, il existe différents niveaux, et sur l’identité également : on distingue l’identité faible, qui sera par exemple mise en place dans des processus de souscription d’assurance IARD, l’identité substantielle, qu’on va retrouver notamment lors de la souscription d’une assurance vie, et enfin l’identité forte à base de wallet qui va concerner des opérations avec acte notarié par exemple, ou sur des gros montants de crédit à la consommation.
S’agissant plus largement des parcours numériques, ce que l’on veut éviter à tout prix, c’est le décrochage. À titre d’exemple, nous pouvons proposer de se connecter à votre fournisseur d’énergie pour récupérer automatiquement votre justificatif de domicile. Dans le cas de contrôles totalement automatisés, on peut obtenir une vérification en moins de trois minutes.
Parfois néanmoins, et notamment dans l’assurance où le réseau physique à de l’importance, des décrochages volontaires sont assumés, et c’est l’agent qui, lors d’un rendez-vous, va être en capacité de scanner les documents du client. De plus, des contrôles humains interviennent au besoin, car nos outils délivrent un scoring et en fonction du niveau de celui-ci peut se déclencher des opérations de vérification manuelles.
Les solutions anti-fraude sont-elles à la portée de tous les types d’assureur ?
Le total cost value est environ de 2 euros par utilisateur : ce n’est donc pas un montant significatif mais il doit bien sûr être absorbé dans une dynamique de marge. Toutefois, il y a non seulement un coût d’opportunité de ne pas mettre en place de garde-fous, car les fraudeurs repèrent rapidement les acteurs dans ce cas, mais aussi une obligation réglementaire.
Vous évoquiez les wallets : sont-ils le futur de l’identité numérique ?
Le wallet permet de porter une identité avec un certains nombres d’attributs préalablement vérifiés. Ils fournissent un niveau de contrôle d’identité élevé. Le cadre européen eIDAS v2 (ndlr : Electronic IDentification, Authentification & trust Services) pose de fait les bases du futur portefeuille européen d’identité numérique. Nous pensons que prendre le virage du wallet est une nécessité, mais aussi de le prendre tôt, car il y aura un nombre limité, sans doute entre 3 et 4, de wallets qu’une personne acceptera de posséder. Et l’évolution des prestations va pousser à l’usage de ces derniers. Ils permettront de bâtir, au-delà même de l’identité, des applications compagnons de vie à forte sécurité.
Signaturit Group est partenaire de la conférence Innovation Assurance 2026 le 29 janvier à Paris. Pierre-Antoine Carli interviendra sur le thème « Réduire la fraude, accélérer la décision : les nouveaux standards d’un onboarding assurance performant et conforme ».
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